Les confusions en matière d’éducation

Education, autorité, bienveillance, Marie May, l'objet de mon désespoir, Marie May « […] Il faut remarquer que l’instruction s’enseigne, et que l’éducation s’apprend par un autre mode d’action du maître, quel qu’il soit ». M H Martin.

Qu’il s’agisse d’éducateurs, d’instituteurs, de professeurs, de psychologues, une grande majorité vous dira la même chose, ils savent de quoi ils parlent… Ils ont fait des études voyez-vous, pas eux, à titre personnel, non, ils ont étudié les études que d’autres avaient faites et en ont fait une religion. Ils savent que les enfants ont besoin de repères et que ces repères ne peuvent être insufflés à l’enfant que et uniquement dans la fermeté. Ils savent également que les enfants sont rassurés par les parents solides et durs, qu’ils ont besoin de cadres fixes, immuables, sans lesquels ils ne pourront pas se développer convenablement. Ils brandissent haut et fort le spectre de l’échec aux parents qui, dans un manquement à leur tâche, n’ont pas su, pauvres gens, éduquer leurs enfants avec assez de conviction. Comme nous avons été habitué à courber l’échine devant ceux qui savent, nous courbons l’échine et sans même s’apercevoir que nous sommes en train de réduire à néant la relation nous liant à enfant, nous essayons, tant bien que mal, d’être de meilleurs parents et de les contraindre un peu plus.

Ces enfants mal élevés…

Les exemples d’enfants qui ont manqué d’éducations et qui se retrouvent en marge de la société sont légions et servent d’appuis à cette théorie, à mon sens désastreuse. Et cette confusion n’est possible seulement parce que l’on n’imagine pas d’alternative à l’éducation traditionnelle. En quelque sorte, on pose comme une évidence, qu’il y a la méthode de la carotte et du bâton, ou rien… Le néant, le désert, l’abandon… Car il s’agit bien de cela… Les adultes à la dérive qualifiés d’ex-enfants sans éducation n’étaient pas des enfants élevés dans la douceur, le respect et l’apprentissage, c’était des enfants livrés à eux-mêmes, seuls, et littéralement sans aucune éducation. Nous avons souvent tendance à confondre souplesse et abandon, il ne s’agit pourtant pas du tout de la même chose !

Un apprentissage par mimétisme

Le point fondamental que je voudrais souligner ici, ce sont les confusions dramatiques qui règnent en matière d’éducation.

Les professionnels de l’éducation nous expliquent depuis des décennies que les enfants ont besoin d’autorité, car la vie en communauté nécessite des limites, et qu’il est du devoir des parents d’apprendre ces dites limites aux enfants. Là encore, c’est un peu comme dire qu’il ne faut pas manger trop de pain, car les tartines beurrées augmentent significativement le risque de faire du cholestérol… Cela n’a rien à voir ! Bien sur que les humains ont besoin de limites et que la vie en communauté s’apprend, au même titre que le langage ou l’écriture, pour autant, je ne vois pas ce que viens faire l’autorité là-dedans !

L’enfant apprend à parler car il voit les autres le faire. Jamais je n’ai vu aucun enfant qui se soit mis à émettre des sons grâce à l’autorité de son papa ou de sa maman !  De la même façon, les enfants développent des apprentissages comme le fait d’aller au pot ou de manger avec des couverts, nécessaires à la vie en société, simplement parce qu’ils agissent par mimétisme… Nous avons de la chance, pour une raison que j’ignore les enfants veulent nous ressembler ! C’est d’ailleurs dans ce genre de cas que nous nous apercevons qu’ils n’ont effectivement pas toutes les données…

Autorité vs autoritarisme

Ce qui est étonnant, c’est qu’à défaut de percevoir les réelles confusions, nous nous essoufflons dans des exercices de style visant à définir la limite entre autorité et autoritarisme… En témoigne la définition Wikipedia :  .

La forme de sa légitimé peut varier… Cela veut dire bien des choses… Surtout lorsqu’il s’agit d’un enfant et que le rapport de forces bénéficie de facto aux adultes.

Un procès équitable…

Nous accordons aux criminels le droit de faire valoir leur version des faits, le droit d’être assistés et le droit à un procès équitable et juste, le mieux que nous accordons à nos enfants, c’est le droit de se taire. Je trouve cela un peu affligeant. D’autant que dans bien des cas, nous serions gênés de l’argumentaire et probablement obligés de relaxer l’enfant, qui aurait souffert d’autoritarisme !

Je m’explique… Lorsque nous amenons un enfant de cinq ans manger au restaurant parce que nous n’avons pas trouvé de nounou et que nous avions envie de sortir un peu, et que celui-ci commence à s’agiter au bout d’une heure, si petit bout avait droit à un avocat, celui-ci nous expliquerait probablement que sa réaction est tout ce qu’il y a de plus normale et que le gronder serait un bel exemple de despotisme…

Allez, une dernière !!! Imaginez-vous en train de plaider devant une cour une affaire qui vous opposerait à votre enfant, parce que celui-ci n’a pas voulu finir son plat d’épinards… Oserions-nous obliger un invité à finir son assiette de Fajitas alors qu’il n’aime pas les poivrons ?

Dans ce cas-là, nous avons tendance à invoquer le principe de l’autorité bienveillante… Nos enfants ont besoin de manger cinq fruits et légumes par jour… Nous également, pour autant, je déteste les poivrons,  n’en mange jamais et verrait d’un très mauvais œil le fait que quelqu’un m’y oblige !

Marie May

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